Agressée dans le RER B, cette chercheuse franco-chinoise veut retrouver son manuscrit

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L’historienne franco-chinoise Li Ma a été agressée dans le RER B alors qu’elle quittait l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Dans son sac à main, dérobé à l’arraché, ses papiers, ses disques durs, des copies d’étudiants et un manuscrit à paraître prochainement.

Depuis l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle, elle emprunte le RER B qui doit l’amener à la gare du Nord, où l’attend un train en direction de Boulogne-sur-Mer, son lieu de résidence. Avec son « gros sac » et sa « grosse valise », elle s’installe au milieu d’un wagon. A la station « Sevran Beaudottes », un homme « d’une trentaine d’années » lui arrache son sac à main. Elle crie. Personne ne réagit.

« Tout un travail à refaire »

Le fuyard emporte avec lui son butin. Les bijoux, les cartes bancaires, le passeport, les copies d’examen des élèves de la maître de conférence, mais surtout ses clés USB, ses disques durs et son ordinateur portable. Le matériel informatique renferme le travail de toute une vie, ainsi que le manuscrit de La Chine et la Grande Guerre, à paraître prochainement aux éditions du CNRS.

 

« Tout un travail à refaire », déplore Li Ma, « choquée ». Jointe par L’Express, la chercheuse confie avoir mis « plusieurs jours à se remettre » de cette agression. « Tous les matins, je réalise qu’il me manque quelque chose… » Outre la perte, colossale, l’historienne regrette la façon dont les événements se sont enchaînés.

Débarquée gare du Nord, elle se rend au commissariat pour porter plainte. Elle a encore en tête la tenue vestimentaire de celui qui l’a malmenée et dépouillée, et reconnaîtrait son sac à main parmi mille. Confiante, l’universitaire a espoir qu’en voyant les enregistrements des caméras de vidéosurveillance, la police retrouve la piste du voleur et de ses biens.

L’agent qui la reçoit lui explique, dit-elle, qu’il est impossible, sans autorisation, généralement longue à obtenir, de visionner les bandes. Puis, il congédie la victime, lui conseille de prendre son train et de porter plainte à Boulogne-sur-Mer. Li Ma est abasourdie. Pourquoi recommander de déposer plainte dans un autre lieu que celui où l’infraction a été commise? Contactée par L’Express, l’unité d’accueil et de sécurisation de la gare du Nord nous a orienté vers la préfecture de police de Paris, qui n’a pas donné suite à l’heure où nous publions cet article.

« Les policiers ont été assez durs avec moi »

De retour à Boulogne-sur-Mer, Li Ma se rend immédiatement au commissariat. On la somme, à nouveau, de « rentrer chez elle » afin de « réfléchir et de lister avec précision ce qu’il s’est passé ». Penaude, elle s’exécute, et revient le même jour, le 14. Cette fois, sa plainte est enregistrée.

« Au début, ils ont été assez durs avec moi, raconte non sans amertume l’intéressée. Ils ne me laissaient jamais finir mes phrases. Puis, lorsqu’ils ont compris qu’ils avaient affaire à une fonctionnaire, et qu’ils ont su pour mes livres et les articles de presse à mon sujet, l’ambiance a commencé à être plus agréable. » Le commissariat de Boulogne-sur-Mer a confirmé à L’Express la prise en compte de la plainte de Mme Li Ma. « Elle est dans le circuit et devrait être transmise d’ici un jour où deux à la personne compétente. »

Dépité, l’éditeur chinois des Travailleurs chinois en France dans la Première Guerre mondiale rend public le vol et l’inaction des policiers parisiens. Son récit est relayé par des médias chinois –ici ou – et les réseaux sociaux et la diaspora chinoise. L’agression de l’historienne fait écho à de nombreux touristes chinois attaqués dans les transports franciliens car identifiés comme des cibles potentiellement porteuses d’argent liquide.

 

Un journaliste de la chaîne chinoise CCTV rapporte sur son compte Weibo, le Twitter chinois, l’histoire de la chercheuse franco-chinoise. Et rappelle l’avis de l’ambassade de Chine à Paris qui recommandait à ses ressortissants, courant mars, de ne plus emprunter le RER B en partance de l’aéroport CDG. En deux jours, son post a recueilli près de 800 commentaires et 25 000 vues.

 

source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/agressee-dans-le-rer-b-cette-chercheuse-franco-chinoise-veut-retrouver-son-manuscrit

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