Le racisme antichinois en France – AgoraVox le média citoyen

Un petit article qui ne vient pas de moi mais résume ce que je pense:

source : Le racisme antichinois en France – AgoraVox le média citoyen.

Curieusement, s’il est une communauté ethnique qui ne se plaint pas des attaques dont elle est la cible, qui ne proteste pas aux clichés et aux insultes et qui ne menace pas en permanence de porter plainte pour racisme, discrimination et ségrégation, il s’agit bien de la communauté chinoise. On pourrait étendre cette affirmation aux diverses communautés asiatiques de l’est et sud-est de ce continent, car pour la plupart des Français, « les Viets » comme le braqueur Bonnal et le commissaire N’Guyen Van Loc affichés tous deux du sobriquet « le Chinois », les Cambodgiens et les Lao ou les Hmong, c’est du pareil au même. Bien sûr quelques égarés ont rejoint les rangs des comités de sans-papiers et les troupes exaltées de RESF, mais ces quelques clandestins sont minoritaires et non significatifs. Ce sont de pauvres types manipulés par des intérêts politiques et militants purement français et non représentatifs de la communauté. Les Chinois de France ne revendiquent aucun régime spécial en leur faveur, se moquent éperdument de ce que les Français peuvent penser d’eux. La plupart sont très bien intégrés dans la société française sans pour autant être assimilés. Et s’il existe indubitablement une criminalité à l’intérieur de la communauté, elle ne s’est pas répandue en dehors. La délinquance est plutôt d’ordre économique, dans les domaines du travail au noir, de la contrefaçon et de la dissimulation fiscale. Pas de violence vis-à-vis des autochtones, celle-ci reste intra communautaire. Malgré tout, les Chinois et en général ceux qui sont qualifiés de jaunes font peur, souvent envie et subissent en permanence préjugés, réflexions et poncifs qui seraient considérés comme racistes et discriminatoires s’ils s’adressaient à une autre minorité.

Déjà avant la chute de Saigon en 1975, alors que les communautés asiatiques étaient numériquement insignifiantes, il courait déjà des bruits et des rumeurs à leur sujet. Ils ne mourraient pas, les cadavres disparaissaient et les passeports étaient utilisés pour faire venir des clandestins. Il suffit d’aller dans un cimetière en France urbaine pour trouver des tombes avec des patronymes bien chinois, et puis beaucoup se font incinérer, certains font rapatrier les corps, mais la légende a la peau dure.

Ensuite, ils faisaient cuire des rats, des chats et autres animaux étranges dans leurs restaurants, d’ailleurs, on ne les voyait jamais acheter de la viande. Depuis Tang Frères et les supermarchés alimentaires de Belleville et du XIIIème arrondissement, il faut bien constater qu’on y trouve toutes les viandes et des acheteurs dont certains sont restaurateurs, mais la rumeur continue. Les Chinois ne mangent que du riz, alors que le blé qui fait les nouilles est préférablement consommé dans toute la Chine du Nord au climat peu propice au riz.

Les Chinois pratiquent obligatoirement tous les arts martiaux, quelques fois on leur attribue même la connaissance de sports de combat d’origine japonaise. De fait, en dehors de quelques individus sportifs, la plupart des Chinois ne savent pas se battre et même les gangs qui pratiquent l’extorsion intracommunautaire, préfèrent utiliser des armes à feu, des couteaux ou hachoirs à viande plutôt que le kung-fu à mains nues.

Autre cheval de bataille de la propagande anti chinoise, les restaurants et le manque d’hygiène, la preuve on est souvent malade quand on va manger chinois oubliant l’intolérance au glutamate de certains tubes digestifs occidentaux. S’il existe indubitablement des carences d’hygiène dans certains petits établissement de type fast food et take away, il est probable que les inspecteurs de l’hygiène alimentaire font des constatations similaires quand ils interviennent dans des couscous, des kebabs et des pizzérias de même catégorie. Mais seuls les restaurants chinois sont pointés du doigt par des reportages télévisés et des articles dans les magazines. Aucun journaliste n’oserait risquer blâme opprobre et même sanction en disant que certains Turcs et Arabes cuisinent aussi salement. En ce cas la plainte est proche pour propos racistes, injurieux et discriminatoires. Sans parler des cafards dans les cuisines du Fouquet’s pourtant difficilement assimilable à un boui-boui ethnique !

Les filles sont toutes des putes, mais paradoxalement, elles sont tellement étroites que seules « les petites bites » de leurs compatriotes arrivent à les pénétrer. On pourrait accumuler toute une liste de propos acerbes qui font parti du langage et des croyances au quotidien sans émouvoir ni les journalistes, ni le politiques ni les défenseurs des droits de l’homme.

 

 

Depuis le début des années 80, les Chinois et autres Asiatiques sont de plus en plus nombreux, il est normal qu’ils suscitent des jalousies, des convoitises, du rejet et de l’envie comme toute communauté qui devient nombreuse et prospère. Mais les attaques, quelques fois justifiées, souvent fantasmées et exagérées ne déclenchent aucune réaction des ligues bien pensantes et de la classe politique qui pousse normalement des cris d’orfraie au moindre dérapage à connotation ethnique. Les Chinois ne peuvent pas non plus attendre une solidarité des autres minorités ethniques et les propos les plus hostiles et racistes sont aussi le fait de non-blancs. Le Chinois est mal vu dans les banlieues sinistrées car il est le représentant du petit commerce de proximité qui a été délaissé par les Français de souche en ces lieux déshérités. Et comme ils réussissent mieux que les autres commerces ethniques ils sont jalousés, enviés et détestés par certains autres émigrés.

Un bel exemple réside dans le film Taxi, au scénario bien mince, adulé par un public de jeunes désœuvrés de banlieue, qui voit à l’hilarité générale un commissaire déclencher une « Opération Niaquoué » contre des trafiquants ayant l’air de Chinois. Sans aucune protestation de la commission de censure et des ligues de vertus qui s’insurgent aux propos de Georges Frèche sur les noirs de l’équipe de France et aux commentaires en voix off de Manuel Vals sur le manque de « white ou blancos » sur le marché d’Evry. S’il est encore possible de dire « Citron, bridé, chinetoque » à propos des Chinois, sans s’attirer les foudres des bienpensants, aucun scénariste n’oserait introduire « Youpin, bicot ou négro  » dans ses dialogues pour qualifier un groupe de délinquants au cinéma. Alors que le moindre propos vis-à-vis des autres minorités quand il est jugé tendancieux déclenche une levée de boucliers et les protestations outragées des intellectuels, du Cran, SOS Racisme et de la Licra, les réflexions sur les Chinois n’émeuvent personne. La Chine est une fourmilière où la disparition de quelques milliers voire millions d’individus n’entraine aucune solidarité spéciale, le tremblement de terre en Haïti suscite plus d’émotion que celui qui toucha la Chine avant les Jeux Olympiques.

Azouz Begag, qui décrit pourtant si bien ce que l’on peut ressentir comme discrimination, même quand on est ministre, dans « le mouton dans la baignoire », se permet des propos bien péremptoires sur l’invasion chinoise qui n’ont à peine été repris dans la presse et pas du tout à la télévision. Pour lui le péril jaune a encore un sens et s’il n’y a pas de solidarité entre blancs, noirs et arabes on va tous se faire coloniser par les Chinois. « Dans 10 ans, on sera entouré de Chinois, alors il faudra que l’on se serre les coudes, les Français, les Arabes et les Africains, afin de protéger notre identité. »

Si un film comme « les Chinois à Paris » de Jean Yanne a pu voir le jour, ce n’est pas par ce qu’il était une parabole de la veulerie de nombreux Français pendant l’occupation allemande, mais parce qu’il utilisait pour sa métaphore un peuple qui n’avait pas envie de protester. Imaginez un peu le tollé si le film avait été, « les Arabes à Paris », avec les armées Egyptiennes ou Algériennes paradant sur les Champs-Elysées. Les bonnes âmes de BHL à Finkielkraut, en passant par les commentateurs sur les radios et Internet, tous les fins analystes politiques auraient hurlé à la haine raciale et auraient demandé l’interdiction du film


Pourquoi cette indifférence des Chinois à ces attaques, calomnies et insultes ? Probablement parce que la situation économique et sociale de nombreux Chinois, la réussite scolaire et universitaire de leurs enfants et un communautarisme fort leur permettent de faire abstraction de quolibets. Pour la plupart d’entre eux, les chiens aboient la caravane passe. L’apolitisme apparent des Chinois fait qu’en dehors des départements d’Outremer aucun élu n’est d’origine asiatique en dehors de quelques conseillers municipaux. Et puis les Chinois sont habitués aux pogroms et lynchages en Asie du sud-est, dans les îles du Pacifique, aux Antilles et aux Etats-Unis (où les Coréens partagent ce triste privilège) qui leur ont appris à adopter un profil bas et a passer inaperçus. De plus ce que pensent d’eux les « étrangers » n’inquiète pas particulièrement les Chinois qui ont un sentiment exacerbé de ne pas perdre la face à l’intérieur de leur communauté mais ne se sentent pas atteints par les insultes des autres. Ce sens de la face (qui n’a rien à voir avec l’honneur occidental et le sentiment de culpabilité judéo-chrétien) est tellement développé que pendant longtemps les malades mentaux, les délinquants et les marginaux étaient renvoyés au pays quasiment de force aux frais des dirigeants et les membres influents de la communauté afin de ne pas tenir l’image du groupe.  Mais depuis quelques années un petit nombre de biffins sans dignité fait les poubelles à la nuit tombante pour récupérer des petits objets qui seront revendus sur des marchés de rue informels. Ce genre de comportement aurait été impensable il y a dix ou quinze ans.La Mairie du XIème arrondissement recevait les doléances des riverains de la rue Popincourt se plaignant de l’afflux massif de commerces de confection tenus par des Chinois. La raison évoquée était la lutte contre la mono activité qui tue la vie de quartier. Il n’est cependant venu à personne l’idée de lutter, protester, manifester dans la rue et devant la Mairie contre la même activité dans le quartier du Sentier aux mains de commerçants juifs, ni de s’opposer, pétition en main contre le nombre de boucheries hallal à Goutte d’Or. Les défenseurs de l’égalité des chances, de la morale républicaine et de la protection des minorités qui s’insurgent de façon sélective auraient derechef dénoncé un antisémitisme larvé.

Mais ce qui irrite ou fait encore plus peur à un grand nombre de Français, ce ne sont pas les appartements raviolis, les confectionneurs entassés avec leurs machines à coudre, les ateliers clandestins, les prostituées ou les vendeurs de légumes d’informatique ou de vêtements, mais avant tout la République populaire de Chine, son commerce, sa production industrielle et son agressivité commerciale. La demande de boycott de la Chine semble presque naturelle alors que celui d’Israël, de l’Iran ou des pays arabes est immédiatement suspecté d’arrière-pensées racistes. Car les produits chinois sont obligatoirement toxiques comme les chaussures et les canapés, nos enfants vont tous crever à cause des jouets chinois car près des trois-quarts des malfaçons déclarées le sont sur des jouets en provenance de ce pays. Mais si l’on considère que plus de 85% des jouets de bas de gamme sont fabriqués en Chine, paradoxalement, trois quart de malfaçons les rendent plus sécurisés que les productions d’autres pays !

La plupart des Chinois et des Français d’origine chinoise ne se prennent ni pour des martyrs, ni pour des victimes, ils n’ont pas ce coté plaintif et revendicateur de beaucoup d’autres minorités. Ils laissent les protestations au bon soin de l’Ambassade qui ne cesse de stigmatiser les horreurs dont ont été victimes les Chinois lors des conflits contre le Japon. La seule chose qu’ils demandent, c’est qu’on leur fiche la paix. Ils ont suffisamment conscience de leur culture, de leur langue de leur civilisation pour ne pas être apeurés par quelques apostrophes et restent totalement indifférents à ce qu’on peut bien penser d’eux tant qu’un ne s’attaque pas à eux et à leurs biens. Il n’existe pas encore de Chinois procéduriers, réclamant des quotas à l’université, à l’Assemblée, à la télévision ou dans les médias. Il ne faudrait pas qu’ils se laissent convaincre de devenir aussi revendicatifs et procéduriers que d’autres minorités ethniques en France qui voient l’empreinte du racisme à chaque coin de rue et s’en servent pour justifier leurs échecs, carences, faiblesses et anomalies comportementales. Et puis, en dehors de quelques réactions haineuses, la plupart des affirmations sur les Chinois viennent avant tout d’une méconnaissance de leur culture, coutumes et mode de vie. Aussi ne faut-il pas en faire tout un plat, juste remettre les pendules à l’heure.

PS : J’écris très rarement sur la Chine et les Chinois, non par honte ou désintérêt, mais par ce que je me considère avant tout comme Français. Mais je ne peux m’empêcher de réagir à certaines attitudes erronées, mensongères ou calomnieuses qui passent sans aucune réprobation à la télévision et dans les autres médias 

 

 

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